Avec le traité de Rome, en 1957, la Communauté économique européenne (CEE) fût créée. A partir de là, les chantiers européens vont se succéder et leur réussite fera que, très rapidement, l'Europe des six (France, RFA, Italie, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas) passe à neuf (Royaume-Uni, Irlande, Danemark), puis à douze (Espagne, Portugal, Grèce), et actuellement à quinze (Autriche, Finlande, Suède). A Hambourg, en 1971, est adopté le rapport Werner, qui pose les bases de l'Union économique et monétaire, suivi par la mise en place du Système monétaire européen (SME) en 1979. Le SME assure depuis mors, une zone de stabilité monétaire pour la plupart des monnaies européennes.
En 1989, " le plan Delors " pose les bases du projet actuel d'Union économique et monétaire (UEM). Aux termes d'efforts communs et continus, les Européens rédigent le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992. Véritable lancement de l'UEM. Ce Traité occasionna les différents Conseils européens (les 15 et 16 décembre 1995 à Madrid, les 21 et 22 juin 1996 à Florence, les 13 et 15 décembre 1996 à Dublin, enfin les 16 et 17 juin 1997 à Amsterdam) nécessaires à la formalisation des modalités du passage à l'euro, monnaie unique des pays de l'Union pour le prochain millénaire. Pour réussir l'euro, il ne doit pas exister de fortes différences entre les économies des pays membres : les spécialistes parlent de " convergence ".
Chaque Etat restera maître de sa politique budgétaire mais devra contenir son déficit public à 3% maximum de son PIB sous peine de sanctions (sauf en cas de circonstances exceptionnelles et temporaires). Cette contrainte est imposée par le " Pacte de Stabilité ", signé à Dublin en Décembre 1996 en complément du " Traité de Maastricht ". C'est au cours du week-end des 2 et 3 mai 1998 que le Conseil Européen, sous la présidence britannique, a fixé la liste des pays participants à l'Union Economique et Monétaire. Sur les 15 pays de l'Union Européenne, 3 pays (le Royaume Uni, le Danemark et la Suède) ont choisi, pour des raisons plus politiques qu'économiques, de ne pas entrer dans l'euro dès 1999.
De son côté, la Grèce a annoncé qu'elle rejoindrait l'euro en 2002. L'Espagne, l'Italie et le Portugal ont fait des efforts considérables pour se rapprocher des critères de convergence et font une partie des pays sélectionnés dès 1999. Au total, ce sont onze pays qui constituent la zone euro de 1999: l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.