L'adoption d'une stratégie de bascule
Le passage à l'euro a été effectif dès le 1er janvier 1999, et l'euro est devenu la monnaie unique des pays de la zone dite " in ", c'est-à-dire les pays qui participent à cette monnaie unique dès le 1er janvier 1999. La parité entre les monnaies nationales et l'euro est fixe et irrévocable, et les différentes devises de la zone euro ne sont plus cotées entre elles. Cette parité a été fixée avant le 31 décembre 1998, lors d'un conseil des gouverneurs des banques centrales, réunit en secret. Le 1er janvier 1999 cette parité a été publiée. Trois ans plus tard, le 1et janvier 2002, les monnaies nationales disparaîtront. Une bascule instantanée du franc à l'euro pour le marché de capitaux, dite " big bang ", a lieu le 4 janvier 1999. A partir de cette date, les comptes de la Banque de France sont tenus en euros, les opérations de politique monétaire conduites en euros, de même que les opérations sur le marché des changes et sur le marché des taux.
Sur le marché financier, les valeurs mobilières sont également cotées en euros. Le passage à l'euro peut s'apparenter à l'apprentissage d'un nouveau langage. De toute évidence, il a une incidence, d'abord et avant tout, sur le département qui conserve et transporte les informations pour tous les partenaires de l'entreprise. En conséquence, le service informatique doit être associé de près à la préparation de tous les autres services, dès le début du processus du passage à l'euro.
Le passage à l'euro doit atteindre trois objectifs : · Optimiser les opportunités offertes par l'euro, · Limiter les coûts d'adaptation grâce à des choix judicieux, · Profiter de l'occasion pour améliorer l'efficacité de l'entreprise. En fonction de ces objectifs et en s'appuyant sur l'analyse d'impacts, il faudra alors répondre à deux questions:
1- Faut-il prévoir un passage de l'entreprise à l'euro le plus rapidement possible ou au contraire le plus tard possible ?
| CERTAINES ENTREPRISES CHOISIRONT DE BASCULER PLUS TÔT | CERTAINES ENTREPRISES CHOISIRONT DE BASCULER PLUS TARD |
| · pour simplifier leurs
relations avec des entreprises qui auront déjà basculé · pour simplifier leur développement et leurs investissements dans la zone euro · pour éliminer les coûts de traitement en devises multiples · pour profiter de la bascule des marchés financiers dès 1999 · pour anticiper de possibles manques de disponibilité de prestataires · pour éviter des difficultés de dernière minute · pour donner une image positive dune entreprise efficace · pour simplifier au plus tôt la comptabilité interne · pour procéder ou suivre la concurrence · pour réaliser des projets qui naboutiront quaprès 2002. |
· pour maintenir de bonnes
relations avec leurs clients qui préféreront utiliser leur monnaie locale jusquà
lintroduction des pièces et des billets en euro · pour tenir compte du fait quune grande partie de leurs transactions seffectueront en espèces · pour attendre de disposer de plus dinformations · pour attendre des solutions standard de mise en uvre · pour suivre les administrations qui organiseront un passage plus tardif · pour éviter le coût et la complexité des opérations en deux monnaies · pour effectuer un passage dun seul coup à la fin de lannée 2001. |
2- Faut-il envisager de passer progressivement, compartiment par compartiment ou, faut-il basculer toutes les composantes de l'entreprise à la même date ? Même si la comptabilité de l'entreprise a basculé en euro, certains compartiments (par exemple, la paye) peuvent continuer de fonctionner en monnaie locale jusqu'à la date limite du 1er janvier 2002. La bascule de la comptabilité n'entraîne pas ipso facto la bascule de tous les comptes de l'entreprise, et vice versa.
Les projets informatiques de passage à l'euro consistent à traduire un certain nombre de règles établies pour la phase transitoire, telles que la possibilité d'utiliser les chèques, la continuité des contrats qui s'applique durant toute la phase transitoire, à traduire ces règles dans les systèmes d'information de chaque entreprise. Leur mise en application varie selon la taille des entreprises, les secteurs d'activité et la stratégie des directions générales. Parmi les entreprises, beaucoup se servent de progiciels standards qui demanderont des changements afin de pouvoir prendre l'euro en compte.
Toutefois, les entreprises qui s'appuient encore sur d'anciens systèmes internes, souvent écrits dans des langages de programmation dépassés, devront être particulièrement prudentes. Dans de nombreux cas, ces applications ne sont pas accompagnées d'une documentation suffisante et les programmeurs ont quitté l'entreprise. Le passage à l'euro pourrait donner la possibilité de basculer vers des progiciels plus efficaces. La Commission Européenne a approuvé le symbole de l'euro. Les concepteurs de produits informatiques devront inclure ce symbole sur les futurs claviers afin que les entreprises puissent l'utiliser dans leurs tarifs, catalogues, etc. Un code ISO a également été adopté, il s'agit de : EUR.
Toutes les entreprises auront à contrôler la capacité de leurs systèmes informatiques à résoudre le problème du changement de millénaire - la capacité des calendriers d'ordinateurs à intégrer l'an 2000. Il s'agit là d'un projet important qui nécessitera l'examen minutieux de tous les logiciels afin d'identifier les éventuelles difficultés. A de nombreux égards, l'approche de ces deux projets est similaire : les entreprises pourraient entreprendre simultanément la phase d'examen du Projet Euro et du Projet An 2000.
Certains prestataires de services informatiques développent actuellement des outils d'analyse. Le passage à l'euro peut donner aux entreprises l'occasion de moderniser l'architecture des systèmes informatiques de leur entreprise. Au lieu de faire de nombreuses dépenses pour adapter les systèmes au coup par coup, il pourrait être plus rentable de réexaminer les procédures de fonctionnement actuelles afin de les simplifier, puis de mettre en uvre un nouveau système. Ceci permettrait à l'entreprise d'améliorer largement son efficacité. Les grandes entreprises et les banques réservent d'ores et déjà des ressources extérieures dans le domaine informatique en prévision des encombrements attendus dans certains domaines spécifiques.
Cela pourrait servir d'exemple pour les entreprises qui ont des besoins spécifiques en matière de systèmes informatiques. Un nombre croissant d'entreprises communiquent avec leurs principaux clients et fournisseurs par l'intermédiaire de liaisons électroniques telles que l'échange de Données électroniques ("Electronic Data Interchange") pour les commandes et les factures.
Il devient fondamental de se coordonner avec ces partenaires pour assurer la fluidité du passage à l'euro. Les entreprises doivent consulter les autorités compétentes. Les entreprises qui sont en contact direct avec les consommateurs devront examiner toutes les procédures de traitement des espèces ainsi que le matériel utilisé dans les points de vente. Ces questions sont étudiées dans le rapport de l'AUME, l'Euro guide de préparation des commerçants, qui traite plus spécifiquement du secteur de la vente au détail.